DISCOURS DE SEM LE PRESIDENT MACKY SALL A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE LANCEMENT DU PROJET DE FORMATION ECOLE ENTREPRISE

Dakar, 06 mars 2018

  • Monsieur le Premier Ministre,
  • Mesdames, Messieurs les Ministres,
  • Messieurs les Présidents des organisations patronales,
  • Mesdames, Messieurs les partenaires sociaux du secteur privé et du mouvement syndical,
  • Chers apprenants,
  • Mesdames, Messieurs,

Bonjour à tous et à toutes. Je remercie tous nos partenaires d’être venus à ce rendez-vous de l’apprentissage du travail pour l’employabilité-je dis bien employabilité et j’y reviendrai- et la lutte contre le chômage des jeunes.

Si j’ai tenu à présider personnellement cette cérémonie de lancement du Projet de Formation-Ecole-Entreprise, c’est parce que j’accorde une priorité élevée à la formation aux mét iers comme nouveau paradigme de notre système éducatif.

En la matière, il urge que nous fassions autrement les choses. Dans mon dernier message à la Nation à l’occasion du nouvel an, j’avais annoncé ce projet qui nous réunit ici en indiquant que l’école doit poursuivre sa mutation pour qu’au moins 30% des élèves issus du cycle fondamental soient orientés vers la formation professionnelle et technique qualifiante aux métiers.
Cette cérémonie s’inscrit exactement dans la mise en œuvre de cette volonté ainsi exprimée, en réponse aux faiblesses structurelles de notre système éducatif en matière de formation technique et professionnelle.

Sans des ressources humaines de qualité, formées pour répondre aux besoins du marché de l’emploi, il n’est absolument pas possible de prendre en charge de façon durable et sérieuse le problème de l’employabilité des jeunes. Je ne parle pas d’emploi, mais bien d’employabilité, c’est-à-dire l’aptitude même à prétendre occuper un emploi ou exercer un métier de façon optimale.

Au demeurant, j’insiste sur le fait que notre approche ne doit pas être élitiste mais globale et inclusive : il ne s’agit pas seulement de former des cadres de haut niveau, ingénieurs ou agents intermédiaires et subalternes. Il s’agit de former à tous les niveaux de compétence.

Nous devons avoir de bons menuisiers, de bons charpentiers, de bons plombiers, de bons carreleurs, de bons mécaniciens et de bons soudeurs. Dans la chaine de production et la nomenclature des métiers, chaque maillon est en effet un élément indispensable du dispositif d’ensemble.

Il y va aussi de l’intérêt de l’entreprise ; car un employé bien formé est en principe plus productif et mieux préparé aux mutations que requiert l’adaptation aux besoins de la productivité.

Voilà tout le défi qui se pose à nous : pouvoirs publ ics et partenaires sociaux. Et ce défi, c’est ensemble que nous pourrons le relever. L’Etat à lui seul n’y parviendra pas. C’est pourquoi j’ai tenu à ce que les partenaires sociaux soient associés à la recherche de solutions à cette problématique, non pas juste à titre consultatif, mais comme véritables parties prenantes.

L’analyse des statistiques disponibles est révélatrice du faible niveau de qualification de la population active de notre pays.

En effet, sur environ 8,5 millions de personnes en âge de travailler, 6% seulement ont un diplôme ou la qualification professionnelle qu’il faut ; et un peu plus de 5% des jeunes de la tranche d’âge de 15 à 24 ans sont dans des structures de formation professionnelle et technique.

Voilà toute l’étendue de nos insuffisances. Nous ne pouvons les laisser perdurer au risque de perdre la bataille de la transformation structurelle de notre économie préalable à l’ém ergence.

C’est pourquoi, j’ai placé le capital humain comme Axe II du Plan Sénégal Emergent (PSE). Encore une fois, il ne peut y avoir d’émergence sans ressources humaines de qualité qui aident à asseoir les fondamentaux de l’économie.

Avec le projet Formation-école-entreprise que nous lançons aujourd’hui, nous voulons expérimenter sur trois ans une phase pilote en faveur de 25 000 jeunes à travers notamment :

o Le renforcement des capacités des entreprises formatrices pour la prise en charge des formations en leur sein ;
o La mise en œuvre de formations d’une part, dans les centres de formation, durant 20% du temps global de formation, et d’autre part, au niveau des entreprises formatrices, durant 80% du temps global de formation, sur des métiers répondant aux besoins et capacités des entreprises : c’est le principe de la formation duale école-entreprise ;
o Enfin, la prise en charg e dégressive par l’Etat des allocations à verser aux apprenants comme suit : 40 000 F CFA la première année de formation, 20 000 F CFA la seconde et 10 000 F CFA à la dernière année, ainsi que la totalité des frais de formation en centre.
Le but ultime de cette formation est de permettre à l’apprenant d’intégrer de manière active le processus de production dès la phase d’acquisition de connaissances directement applicables dans l’entreprise ou l’auto emploi.

La formulation du projet que nous lançons ce matin a été rendue possible grâce à une approche devant permettre la réalisation des conditions de qualification et d’employabilité des jeunes, notamment par :

o L’établissement d’un partenariat tripartite Etat-organisations patronales et syndicales ;
o La signature du décret 2016-263 du 22 février 2016, fixant les règles applicables au contrat d’apprentissage, et qui encourage le reversement d’une allocation a ux apprentis ;
o Et la Contribution forfaitaire à la Charge de l’Employeur (CFCE) qui sera affectée intégralement à la formation professionnelle et technique en 2019 ; étant entendu qu’elle est reversée à hauteur de 75% au titre de la loi de finances 2018.
Je dois aussi signaler que le présent projet, loin d’être un cas isolé, fait partie d’un programme déjà en cours d’exécution et dont les réalisations pour l’année 2018 seront marquées par la mise à disposition de :

oTrois centres sectoriels de formation aux métiers de la mécanique des poids lourds, de l’automobile, des deux roues, des moteurs hors-bords ; ainsi qu’aux métiers de la maitrise énergétique à Diamniadio et aux métiers du machinisme agricole à Diama ;

oDix Centres de formation de proximité à Agnam Ciwol, Sinthiou Bamambé, Kaolack, Foundiougne, Goudomp, Ndangalma, Koungheul, Ndouloumadji, Aéré lao et Sokone ;

oDeux Centre s de Formation professionnelle de référence à Gossas et Nioro ;

oDeux lycées professionnels à Fatick et à Sandiara ;

o L’acquisition de 5 Unités Mobiles de Formation dont deux aux métiers des TIC et de transformation de produits agricoles, et trois unités polyvalentes pour la formation aux métiers Industriels.
De plus, nous procéderons à la construction et à l’équipement de 17 nouvelles structures de formation, notamment :

ohuit centres de formation professionnelle de proximité, dont six sites déjà identifiés : à Porokhane, Nabadji Ciwol, Mboumba, NGourane, Ndindy et Médina Gounass ;

odeux centres sectoriels aux métiers de l’horticulture à Thieppe et Nétéboulou ;

otrois centres sectoriels aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie à Diamniadio, Saint-Louis et Ziguinchor ;

oun centre sectoriel aux métiers de l’a viculture à Diamniadio ;

oun centre de formation aux métiers de la foresterie à Bounkiling ;

oun centre de formation orienté vers les métiers industriels à Sédhiou ;

oun centre de formation aux métiers de l’agriculture et de l’élevage à Goudiry.

Enfin, nous travaillons à la finalisation des projets de quatre nouveaux lycées professionnels à Sédhiou, Matam, Thionck-Essyl et Louga.

Comme vous le voyez, j’ai tenu à un maillage le plus élargi possible parce que je suis convaincu que chaque terroir de notre pays regorge de potentialités qui concourent à la prospérité nationale.

Le développement est un processus d’ensemble. Dans mon entendement, le développement doit se faire de façon inclusive, équitable et solidaire. C’est ce que j’entends par le Sénégal de tous, le Sénégal pour tous, appliqué ici à la formation technique et p rofessionnelle. Tous les jeunes de notre pays, où qu’ils se trouvent, sont d’égale dignité. Ils méritent la même attention pour se former, entreprendre et réussir.

A terme, quand toutes ces structures seront opérationnelles, notre objectif est d’enrôler environ 53 000 apprenants. Et ce n’est pas trop pour un pays à la recherche de ressources humaines qualifiées. Si nous n’avons pas ces ressources, l’Etat et le secteur privé national seront bien obligés d’aller les chercher ailleurs. C’est une règle élémentaire du service public, du marché et de la compétitivité.

Certes, comparaison n’est pas raison, mais en guise de référence, je rappelle qu’en moyenne 80% des apprenants dans des pays partenaires comme l’Allemagne et la Suisse, trouvent une activité génératrice de revenu dès qu’ils terminent leur formation en alternance.

Toute proportion gardée, nous devons aussi nous fixer l’ambition de l’adéquation formation-emploi et associer nos efforts et nos intelligences pour y parvenir.

C’est pourquoi en félicitant chaleureusement le Ministre de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat pour le travail déjà accompli et en cours, je souhaite que le Gouvernement reste à l’écoute et à la disposition des partenaires sociaux, Organisations patronales et syndicales en particulier pour réaliser nos programmes en la matière.

Car c’est avec vous, chers membres du patronat et des syndicats de travailleurs que nous pouvons réussir le projet que nous lançons aujourd’hui et ceux à venir.

Soyez assurés que le Gouvernement tout comme moi resterons à votre écoute pour y arriver.

Je salue votre participation engagée et souhaite plein succès à notre projet commun Formation- Ecole-Entreprise.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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